Quels sont les principales opportunités et les principaux défis du traitement à durée limitée de la LLC chez les patients n’ayant jamais été traités ? Cinq hématologues canadiens spécialistes de la LLC ont récemment partagé leurs perspectives dans un article facilement compréhensible publié dans Current Oncology septembre 2025.
Les approches thérapeutiques de la LLC ont évolué au fil du temps. Auparavant, de nombreux patients recevaient, en première intention, une chimiothérapie pendant une période déterminée. Il y a dix ans, des thérapies ciblées ont été introduites, à commencer par les inhibiteurs de BTK, administrés en continu tant qu’ils sont efficaces ou jusqu’à l’apparition d’effets secondaires intolérable. Parmi ces inhibiteurs, on retrouve l’Ibrutinib, l’Acalabrutinib et le Zanubrutinib.
Les traitements à durée fixe offrent une autre option : la thérapie est administrée pendant une période définie (souvent environ un an), dans le but de bien contrôler la maladie afin de pouvoir interrompre le traitement et assurer le suivi des patients par la suite.
Introduit quelques années après l’Ibrutinib, le Venetoclax associé au Rituximab ou à l’Obinutuzumab a été le seul traitement à durée fixe disponible pendant de nombreuses années. La situation a changé en 2025, lorsque l’association d’Ibrutinib et de Venetoclax en première intention est devenue disponible dans plusieurs provinces. L’association d’Acalabrutinib et de Venetoclax a également été approuvée récemment, et elle devrait devenir disponible au cours de la prochaine année.
Ces nouveaux schémas thérapeutiques de première intention à durée fixe sont entièrement administrés par voie orale (c’est-à-dire sous forme de comprimés), ce qui ne nécessite pas de visites à l’hôpital pour les infusions de l‘Obinutuzumab ou du Rituximab qui sont administrées avec le Venetoclax).
Les principaux points à retenir qui suivent reflètent les observations des hématologues canadiens dans leur pratique.
De nombreux avantages des traitements à durée fixe concernent le vécu des patients :
- Une période de traitement définie et des pauses thérapeutiques
Les nouveaux traitements oraux à durée fixe permettent aux patients d’interrompre leur traitement et de profiter d’un temps libéré de la prise quotidienne de médicaments ou de fréquentes visites à la clinique. Les experts ont noté que cette pause thérapeutique peut aider les patients à reprendre des activités plus normales, comme le travail, les voyages, ou à se concentrer sur d’autres aspects de leur santé. - Un objectif de rémission profonde
Ces schémas thérapeutiques sont conçus pour obtenir des réponses très fortes, ce qui permet d’interrompre le traitement en toute sécurité tout en maintenant la LLC sous contrôle. - Effets secondaires limités dans le temps
Savoir que le traitement va se terminer peut aider certains patients à mieux composer avec les effets secondaires. - Moins de risques de développer une résistance au traitement
La durée plus courte du traitement et la combinaison de deux médicaments différents réduisent le risque que la LLC du patient devienne résistante au traitement. - Possibilité de retraitement
Les patients peuvent être retraités avec un schéma thérapeutique à durée fixe en cas de récidive de leur LLC. - Coût pour le système de santé
Il est probable que le coût global d’un traitement à durée fixe soit nettement inférieur à celui d’un traitement continu.
Parallèlement, des experts ont souligné d’importants points à prendre en compte lors de l’utilisation de ces thérapies au Canada :
- Le traitement continu demeure une option importante
Les traitements continus (comme les inhibiteurs de BTK tels que l’Ibrutinib ou l’acalabrutinib) restent le choix approprié pour certains patients, notamment ceux atteints d’une maladie à risque plus élevé (p. ex., mutations 17p ou TP53), ceux qui vivent loin des centres de traitement ou pour qui des visites fréquentes peuvent être difficiles, ou encore ceux qui préfèrent poursuivre un traitement continu plutôt que de l’interrompre. - L’accès varie d’une région à l’autre du Canada
Votre lieu de résidence peut influencer la disponibilité des traitements à durée fixe, en raison des décisions de financement provinciales et des différences dans la rapidité d’approbation et de couverture de nouveaux traitements. Malgré leurs avantages, ces traitements doivent s’inscrire dans les limites du financement et de la capacité du système de santé. - La prise de décision partagée est essentielle
Le choix du traitement ne relève pas uniquement d’une décision médicale, d’où l’importance d’un échange franc avec l’équipe soignante. Il convient de prendre en compte les préférences personnelles, les responsabilités professionnelles, les engagements personnels et les besoins en matière de déplacements. Le financement du traitement est un autre facteur à considérer, qu’il soit pris en charge par le système de santé ou par l’assurance privée du patient, le cas échéant. Cet article explique ce à quoi les patients doivent s’attendre lors d’un entretien avec leur médecin au sujet du traitement.
De manière générale, les hématologues canadiens considèrent le traitement à durée déterminée comme une avancée significative dans les soins de la LLC, car il élargit les choix et offre la possibilité d’interrompre le traitement. Bien que des défis subsistent pour assurer un accès égal aux soins partout au Canada, cette approche représente un outil précieux supplémentaire pour adapter le traitement à chaque patient.
L’article est rédigé en langage clair et ne nécessite aucune connaissance technique pour être compris. Vous pouvez le lire ici.
Pour plus d’information sur ce sujet, consultez les sections « La décision de traiter » et « Accès aux traitements au Canada » du Centre d’information et de ressources de LLC Canada.
