Note de la rédaction: Le but de cet article est d’informer les patients d’une option dont ils pourraient discuter avec leur équipe soignante. Il ne s’agit pas d’une recommandation d’arrêter le traitement.
Arrêter un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton1 (BTKi) en raison d’effets secondaires indésirables ou intolérables ne signifie pas toujours que vous aurez besoin immédiatement d’un autre traitement. En fait, selon des recherches plus récentes, certaines personnes atteintes de leucémie lymphoïde chronique (LLC) pourraient profiter en toute sécurité de plusieurs mois, voire de plusieurs années, sans traitement avant qu’une autre thérapie ne soit nécessaire.
Puisque la situation de chaque personne est unique, ces résultats indiquent qu’une période de surveillance sans traitement est une possibilité dont vous pouvez discuter avec votre équipe soignante.
Les médicaments BTKi ont transformé le traitement de la LLC et du lymphome à petits lymphocytes (LPL). Comme tous les médicaments, cependant, ils peuvent provoquer des effets secondaires que certaines personnes trouvent difficiles à tolérer. Ceux-ci peuvent inclure des problèmes digestifs, des douleurs articulaires, des saignements, une hypertension artérielle ou des troubles du rythme cardiaque. Jusqu’à présent, les informations sur ce qui se passe après l’arrêt d’un BTKi par les patients en raison de ces effets secondaires étaient limitées. Doivent-ils commencer immédiatement un autre traitement, ou est-il possible de faire une pause en toute sécurité tout en faisant l’objet d’une surveillance étroite?
Des chercheurs de l’Université d’État de l’Ohio ont examiné les dossiers médicaux de 145 personnes atteintes de LLC qui avaient arrêté de prendre un inhibiteur de BTKi en raison d’effets secondaires indésirables ou intolérables. Ils ont constaté que de nombreux patients étaient capables de rester sans traitement pendant une période considérable avant que leur maladie ne progresse et qu’un autre traitement ne soit nécessaire.
Certains des principaux résultats comprenaient :
- La LLC de la moitié des patients est restée sous contrôle pendant 21 mois ou plus après l’arrêt du traitement avant de montrer des signes de progression.
- La moitié des patients n’ont pas eu besoin de commencer un autre traitement pendant 24 mois ou plus après l’arrêt de leur BTKi.
- Les patients qui avaient pris un BTKi pendant deux ans ou plus avant de l’arrêter sont généralement restés en rémission plus longtemps que ceux qui l’avaient arrêté plus tôt.
- Les patients qui avaient reçu moins de traitements antérieurs avaient également tendance à rester plus longtemps en rémission.
Ces résultats suggèrent que, pour certains patients dont la LLC est bien contrôlée lorsqu’ils arrêtent un BTKi en raison d’effets indésirables ou intolérables, une surveillance attentive peut être une option appropriée plutôt que de commencer immédiatement un autre traitement. Cette approche peut permettre aux patients de se remettre d’effets indésirables gênants et de profiter d’une période sans traitement continu tout en continuant à faire l’objet d’une surveillance étroite de leur LLC. Un suivi régulier demeure essentiel afin que le traitement puisse être instauré dès qu’il devient nécessaire.
Il est important de se rappeler qu’il s’agissait d’une étude rétrospective menée dans un seul centre de traitement. Elle n’a examiné que les patients qui avaient arrêté leur BTKi en raison d’effets secondaires. Les résultats ne doivent pas être interprétés comme une recommandation pour les patients d’arrêter un BTKi qui fonctionne bien. Les décisions thérapeutiques doivent toujours être individualisées en fonction du degré de contrôle de votre LLC, de vos traitements antérieurs, de votre état de santé général et de vos préférences personnelles.
Si vous ressentez des effets secondaires indésirables ou intolérables liés à un BTKi, n’arrêtez pas le traitement de votre propre initiative. Notez la fréquence et la gravité de vos symptômes et parlez-en à votre équipe soignante, car de nombreux effets indésirables peuvent être pris en charge. Si le traitement doit effectivement être interrompu, cette recherche suggère que certains patients pourraient bénéficier en toute sécurité d’une période de surveillance étroite avant qu’un autre traitement ne soit nécessaire. Ensemble, vous et votre équipe soignante pouvez décider de l’approche qui permet de trouver le meilleur équilibre entre un contrôle efficace de la maladie et votre qualité de vie.
Des informations plus détaillées sur cette étude sont disponibles ici (en anglais).
Pour plus d’informations sur les traitements de la LLC et la gestion des effets secondaires, consultez la section Traitement de la LLC du Centre d’information et de ressources de LLC Canada ici.
1 Ceux-ci incluent l’ibrutinib (Imbruvica), l’acalabrutinib (Calquence) et le zanabrutinib (Brukinsa).

